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Jacqueline de Bavière

Illustration des « Chroniques de Hainaut » de Jean WAUQUELIN, attribuée à Roger de la Pasture (1447 ?)

 

 

 

Saint-Georges et le dragon (1432/1435)

 

Roger de la Pasture (dit Rogier van der Weyden)

 

D’origine tournaisienne (voire montoise, cfr ci-dessous), il fut un peintre particulièrement novateur et renommé. Il travailla notamment pour la Cour de Bourgogne.

 

Passer du maître de Flémalle à Roger de la Pasture, ce n’est pas seulement passer d'un maître à un disciple qui égale, et finalement dépasse son maître, mais d'un univers de formes et de pensées à un autre univers, dominé par la rigueur du style et la profondeur de la conception. D'un monde paisible où le temps s'écoule au rythme de la méditation individuelle, des travaux de la ville et des champs, nous voilà transportés dans un au-delà du tableau vibrant de tension dramatique et de tragédies humaines.

Né à Tournai en 1399 ou 1400, de parents tournaisiens, Roger de la Pasture épouse Isabelle Goffart vers 1425-26. A Tournai, il  fut l’élève de Robert CAMPIN. On le retrouve à Bruxelles en 1435 où il est nommé peintre officiel et où il passa l’essentiel de sa vie artistique. Comme le confirme Martin Davies, il reste néanmoins en contact avec sa ville natale et y prend une rente en 1431. Au cours de l'année sainte, il séjourne à Rome en 1450. Il meurt à Bruxelles dont il est le peintre officiel , le 18 juin 1464.

L'aspect tragique du destin de Marie (première partie de sa vie d’artiste) et du Christ (entre 1435 et 1450) est omniprésent dans l'oeuvre du grand artiste. Témoin le panneau central du triptyque du Calvaire de Vienne. Comme beaucoup de ses contemporains (Jan Van Eijck), Roger de la Pasture manifeste un grand souci du détail et de la précision même s’il privilégia souvent les jeux d’ombres et de lumière. Ses tableaux exaltent une intensité émotionnelle et dramatique assez novatrice.

Selon d’aucuns, l'art de Roger de la Pasture,  peintre de Bruxelles, dont le nom fut « flamandisé » en Rogier van der Weyden, reste profondément enraciné dans sa terre natale, de traditions et de parlers romans. C'est donc en toute authenticité et en toute rigueur de terme que le maître de Flémalle et Roger de la Pasture inaugurent, officiellement et avec quel éclat, cinq siècles de peinture en Wallonie, au moment même où -c'était à Mons en 1447- apparaît la première attestation écrite du terme "wallon".

 

Les wallons d’aujourd’hui sont-ils trop frileux tant pour leur avenir que pour leur passé ? Que ce soit sous le nom de la Pasture ou de van der Weyden, il s’agit d’un artiste essentiel d’une mutation artistique et manifestement originaire de nos régions. Manifestement, il n’y a que le Flandre qui s’en souvent (notamment l’excellent Musée de Leuven).

 

 

Tournaisien ou montois ?

Généralement,  Roger de la Pasture est présenté comme étant né à Tournai. La date de sa naissance ne semblant pas précisément connue, d’autres supputations peuvent être avancées. C’est ainsi que dans un ouvrage récent (« Cent trésors de la Bibliothèque royale de Belgique » Fonds Mercator, 2005, publié dans le cadre du 175ème anniversaire du Royaume de Belgique), Lieve WATTEEUW le fait naître dans la capitale du Comté de Hainaut : « Né à Mons, comme fils d’Henri de la Pasture, boucher, et d’Agnèz van Waterloz, il se serait d’abord établi à Tournai puis à Bruxelles, et deviendra l’un des peintres les plus influents du XVème siècle ».C’est évidemment ce dernier élément qui est essentiel !

A l’entrée du Musée des Beaux-Arts anciens (Alte Pinacotek ) de Munich, c’est une œuvre de Roger de la Pasture qui ouvre « le bal », le commentaire spécifiant qu’il s’agit selon le conservateur de l’artiste majeur du XVème sicèle.

 

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Dernier modification : 24/10/2009

 

 

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